3 نوفمبر 2026
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Aubagne : « Ça me stresse un peu »… Une rentrée au collège pour « tourner la page », trois semaines après la fusillade

Aubagne : « Ça me stresse un peu »… Une rentrée au collège pour « tourner la page », trois semaines après la fusillade

Des éclats de voix émanent de petits groupes de collégiens manifestement heureux de se retrouver. On se salue. On se checke. Les voitures de parents s’arrêtent en double file et déposent les ados. Au collège Lakanal d’Aubagne, trois semaines après qu’un élève de 3e a ouvert le feu sur son principal et une enseignante avant d’être maîtrisé par le CPE de l’établissement, la vie scolaire reprenait son cours ce lundi.

« J’ai espagnol, techno et physique cette après-midi », déroule Kimberly*, peu avant 14 heures. Car la matinée était banalisée pour les élèves, le temps de laisser au personnel de l’établissement de se retrouver. Du moins ceux qui le pouvaient : « C’est forcément un peu compliqué. On s’efforce de retrouver un semblant de normalité mais ceux pour qui c’était encore trop difficile de revenir ne sont pas venus », glisse l’un d’entre eux, la plupart opposant un refus poli - et compréhensible - de s’exprimer.

Deux équipages de police présents

Une retenue que l’on ne retrouve pas systématiquement parmi les collégiens ou les parents d’élèves. « Les enfants - et les parents - ont tous hâte que ça reprenne normalement », dit Christina, venue, une fois n’est pas coutume, déposer son fils, élève en 6e et veiller à sa bonne entrée dans l’enceinte du collège. « Je suis une grande angoissée et je pense que des deux, ce sont les parents les plus inquiets. Mais il va falloir tourner la page, même si les enfants ont tous une petite appréhension et que ce qu’il s’est passé m’angoisse. » Pour rassurer les enfants autant que les parents et le personnel pédagogique, deux équipages de police étaient présents à l’ouverture des portes du collège Lakanal.

« C’est sûr, ça me stresse un peu », admet Clara*, élève de 3e, qui explique avoir partagé depuis le primaire l’essentiel de sa scolarité avec le jeune tireur. « Depuis l’an dernier, il tenait des propos un peu bizarres », dit-elle avoir remarqué après que l’adolescent a commencé à entretenir des liens avec la mouvance en ligne TCC (True Crime Community) qui glorifie les tueurs de masse. Pour autant, son amie considère qu’il est « temps d’arrêter d’en parler. Ça fait du bien d’en parler entre nous, mais ça ne va rien changer. Si on veut reprendre tranquillement, il faut qu’on évite de parler sans cesse de cela. »

« Le plus important est de remettre de l’humain dans les collèges »

Un avis que partage Pauline*, une mère d’élève, aussi venue exceptionnellement aujourd’hui accompagner son enfant : « On en a beaucoup parlé à la maison, il y a aussi la cellule de soutien psy du collège, mais il faut savoir arrêter pour que les enfants ne ressassent pas perpétuellement et puissent avancer. » Devant l’entrée du collège, un groupe de trois garçons se récitent des définitions de géographie qu’on devine héritées de devoirs à la maison. Laure, elle, n’a aucune envie de reprendre les cours. « De base, le collège, c’est chiant », balance la jeune fille, preuve que les choses semblent rentrer dans la normale.

Une fois tous ces collégiens entrés dans leur établissement, deux parents d’élèves discutent avec les policiers présents : « Les petites sont traumatisées. Ma fille reste hantée par le bruit de la détonation. Elle m’en parlait hier [dimanche] soir encore. Moi, je pense que le plus important et le plus efficace est de remettre de l’humain dans les collèges. Plus qu’un détecteur de métal à l’entrée, il faudrait une infirmière, une psy, des humains », dit ce père qui tient à saluer l’équipe pédagogique, « admirable » par son engagement et sa présence.

« Il faut être prêt à tout »

Une scène vue de loin par un père militaire venu en tenu et en béret vert déposer sa fille. « Ce n’est pas tant par rapport à ce qu’il s’est passé que je suis là que tout le reste. On ne sait jamais ce qu’il peut se passer. Il faut être prêt à tout. Je viens dès que je peux. Nous avons bien parlé à la maison. C’est important que ça sorte pour s’éviter les traumatismes qui pourraient ressurgir. Il y a aussi la cellule de soutien psychologique qui est en place et c’est une très bonne chose. »

Reprendre les cours est déjà une victoire pour l’établissement. « Il y aura un avant et un après », estime cette mère d’un élève de 6e qui lui demandait ce matin avant de revenir au collège, « si l’impact de balles serait toujours visible sur le tableau de la classe de mathématique ». On se doute que le tableau a été changé, mais supprimer les traces de l’attaque demandera un peu plus de temps. À commencer par retrouver « les cours et la vie normale dans le collège », conclut un parent d’élève.

Source: 20 Minutes

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