3 نوفمبر 2026
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Au procès de la "martyre de l'A10", de premières tensions émaillent l'ouverture de l'audience

Au procès de la "martyre de l'A10", de premières tensions émaillent l'ouverture de l'audience

Le 2 novembre 2026 devant le palais de justice de Blois, dans le centre de la France, à l'ouverture aux assises du procès des parents d'Inass Touloub, fillette de quatre ans retrouvée morte et mutilée en 1987 au bord de l’autoroute A10 - ALAIN JOCARD © 2019 AFP

C'est un procès attendu depuis près de 40 ans qui s'est ouvert ce lundi 2 novembre aux assises de Blois (Loir-et-Cher). Les parents d'Inass, la "petite martyre de l'A10", retrouvée sans vie en 1987 au bord de l'autoroute, y sont jugés pour au moins deux semaines pour "actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner" pour la mère, et "complicité" des mêmes faits pour le père.

Alors que de très nombreux journalistes et spectateurs se pressaient devant le tribunal judiciaire dès le début de matinée pour s'assurer une place à l'intérieur, plusieurs tensions ont émaillé cette première journée d'audience.

À commencer par le sort réservé à la salle de retransmission installée à une centaine de mètres du palais de justice pour que le public et la presse puissent assister à l'audience, la salle principale comportant peu de places. En début d'audience, une coupure a empêché les spectateurs de cette salle de suivre les débats pendant quelques minutes. Une interruption qui n'a pas manqué d'agacer la défense, qui a demandé à ce que la salle de retranmission soit fermée. Le ton est alors monté entre Me Frank Berton, l'avocat du père d'Inass, Ahmed Touloub, et la présidente.

"Vous n'allez pas m'interrompre tout le temps, vous n'êtes pas maîtresse d'école!", tonne l'avocat lillois. Pour autant, la cour ne donnera pas suite à sa requête.

"Poursuivis par une horde"

En-dehors du tribunal, un autre incident a émaillé la pause déjeuner: plusieurs membres de l'association Mouv'Enfants, non parties civiles au procès mais venus assister à l'audience, ont scandé des slogans et pris à partie Halima El Bakhti, la mère de la victime, selon sa défense.

"Nous avons été poursuivis par une horde, menacés, insultés d'ordures et d'assassins. La police a dû intervenir, a dû faire un cordon entre ces gens d'une particulière véhémence et elle a finalement été évacuée par un véhicule de police", raconte Me Camille Radot, son avocat, qui explique avoir dû lui-même faire barrage pour protéger sa cliente. "C'est inacceptable. Il y a une justice, c'est là qu'elle s'exerce, pas devant le tribunal."

Réagissant à cet incident, l'avocat général Stéphane Javet indique qu'une enquête pénale va être ouverte concernant cet épisode: "On peut penser ce que l'on veut des faits reprochés. (...) Mais ils se sont présentés et ont droit à un procès équitable", tance-t-il.

Un complément d'expertise pour Ahmed Touloub

En fin de journée, la défense pose un autre sujet sensible sur la table: l'état de santé et psychiatrique des deux accusés. Alors qu'ils ont été examinés par un médecin mi-octobre et jugés aptes par celui-ci à comparaître, Me Frank Berton souligne que le praticien a néanmoins relevé des "troubles cognitifs légers à modérés" chez son client.

"Que sont des troubles légers à modérés? C'est la question que j'ai envie de poser, que je veux que la cour pose", lance l'avocat lillois, qui demande à ce qu'un complément d'expertise psychiatrique soit réalisé. "Dans cette affaire, comme dans toute autre affaire criminelle, on ne peut pas faire comparaître quelqu'un qui ne serait pas en mesure de comprendre les questions, et qui aurait des difficultés à se défendre. (...) Je veux que tout soit fait dans les règles de l'art", conclut le ténor.

La cour a finalement accepté sa requête, attendant les résultats de cette expertise "le plus vite possible".

Un peu plus tôt, son client a été invité à prendre la parole pour donner sa position sur les faits. Agrippé à sa canne et prenant appui sur le bras de l'huissier de justice, Ahmed Touloub s'est approché de la barre d'un pas lent. "J'ai jamais touché à aucun de mes enfants", assure-t-il. Mais reconnaît-il la complicité dont on l'accuse? "Moi-même, je suis battu (par son ex-épouse, NDLR), alors comment je peux être complice?"

Halima El Bakhti, accusée d'avoir exercé de multiples violences à l'encontre d'Inass, dont des morsures et des coups qui ont progressivement entraîné sa mort, a pour sa part dénoncé les "mensonges" de son coaccusé à son encontre. La présidente lui demande si elle reconnaît les faits reprochés. "Oui, je reconnais mais on a dit n'importe quoi. Lui (elle désigne son mari, NDLR), il a beaucoup menti, et les filles aussi", répond-elle. "Reconnaissez-vous avoir commis des actes de torture et de barbarie?", relance la présidente. "Non, c'est ma fille", indique cette fois l'accusée.

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L'audience reprend mardi avec les auditions de divers enquêteurs du dossier.

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Source: BFM TV

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