7 novembre 2026
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Divers

L'antibiorésistance menace l'Europe : alertes sanitaires et 35 000 décès chaque année

Les systèmes de santé de l'Union européenne font face à la progression inquiétante de la résistance aux antimicrobiens, responsable d'environ 35 000 décès par an dans l'Union.

L'antibiorésistance menace l'Europe : alertes sanitaires et 35 000 décès chaque année
⚡ En bref
  • La résistance aux antimicrobiens cause environ 35 000 décès par an au sein de l'Union européenne, un impact comparable à celui de la grippe, de la tuberculose et du VIH/sida réunis.
  • Une étude publiée dans la revue « The Lancet » prévoit que les bactéries résistantes pourraient entraîner directement 39 millions de décès dans le monde entre 2025 et 2050.
  • Les experts appellent à l'adoption d'une approche globale « Une seule santé » (One Health) et au renforcement de la vaccination pour réduire la consommation mondiale d'antibiotiques de 2,5 milliards de doses par an.

Le système de santé des pays de l'Union européenne, la France en tête, est confronté à un défi croissant lié à la prolifération du phénomène de résistance aux antimicrobiens, qui coûte la vie à près de 35 000 personnes chaque année au sein du bloc communautaire. Cette situation suscite une vive inquiétude pour la santé publique et pousse à réévaluer l'usage des médicaments et des désinfectants dans la vie quotidienne.

Une menace équivalente à plusieurs épidémies réunies

Les antibiotiques ont révolutionné la médecine moderne en transformant des infections autrefois mortelles en maladies curables. Cependant, ce progrès est aujourd'hui véritablement menacé : l'impact sanitaire de la résistance aux antimicrobiens dans l'Union européenne équivaut désormais au tribut humain causé par la grippe, la tuberculose et le virus de l'immunodéficience humaine (VIH/sida) réunis.

Fiona Walsh, professeure à l'Université de Maynooth en Irlande et spécialiste de l'antibiorésistance, a expliqué que ce phénomène se traduit par l'incapacité des médicaments habituels à traiter les microbes. Elle a souligné que les médecins sont parfois contraints d'associer plusieurs antibiotiques pour soigner un patient, mais que même ces combinaisons avancées peuvent échouer dans certains cas, menant inévitablement au décès.

Des perspectives sombres et des comportements qui aggravent la crise

Les perspectives d'avenir ne sont guère rassurantes : une étude publiée par la revue médicale « The Lancet » a révélé que la résistance des bactéries aux antimicrobiens pourrait être directement responsable de 39 millions de décès à travers le monde entre 2025 et 2050.

L'aggravation de ce phénomène est attribuée à la surconsommation d'antibiotiques chez l'être humain, à leur utilisation intensive dans l'élevage, ainsi qu'au déficit des normes d'hygiène et à la pollution environnementale. Les bactéries et leur matériel génétique résistant se transmettent facilement entre l'homme, l'animal et l'environnement, incitant ainsi les scientifiques à adopter l'approche « Une seule santé » (One Health), qui met en avant le lien étroit unissant la santé humaine à la préservation de l'environnement et des animaux.

Moyens de protection et solutions préventives

Malgré la gravité de la situation, la professeure Walsh assure qu'il existe des moyens de lutte efficaces, qui ne se limitent pas à la recherche de nouveaux médicaments, mais reposent avant tout sur la prévention. Les vaccins figurent au premier rang de ces solutions ; l'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime en effet qu'une amélioration et un élargissement de la couverture vaccinale permettraient de réduire la consommation mondiale d'antibiotiques de 2,5 milliards de doses par an.

L'experte a également insisté sur l'importance de renforcer l'immunité naturelle des individus, en particulier chez les personnes âgées et immunodéprimées, soulignant que l'usage excessif de médicaments et de désinfectants altère le microbiote bénéfique de l'intestin, de la peau et de la bouche, éléments essentiels qui contribuent à protéger l'organisme et à résister naturellement aux infections. La lutte contre ce fléau exige en outre l'amélioration du traitement des eaux usées et la garantie de la sécurité de la chaîne alimentaire animale.

Source: Euronews (فرنسي)

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