7 novembre 2026
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Affaire de la « petite martyre de l'A10 » : la mère d'Inass Touloub reconnaît les coups mais nie se souvenir des tortures

Au cinquième jour du procès de l'affaire de la « petite martyre de l'A10 », Halima El Bakhti a reconnu avoir frappé sa fille Inass Touloub, tout en affirmant ne pas se souvenir des sévices constatés par les médecins légistes.

Affaire de la « petite martyre de l'A10 » : la mère d'Inass Touloub reconnaît les coups mais nie se souvenir des tortures
⚡ En bref
  • La mère, Halima El Bakhti, reconnaît avoir frappé sa fille mais affirme avoir oublié les brûlures, fractures et morsures médicalement constatées.
  • La version de la mère attribue le décès de l'enfant à « la fatigue et la malnutrition », en totale contradiction avec les conclusions du médecin légiste.
  • L'affaire met en lumière la rupture du lien familial survenue après l'arrivée de la fillette en France, suite à sa première année passée auprès de sa grand-mère au Maroc.

Au cours du cinquième jour d'audience, Halima El Bakhti est revenue sur sa relation troublée avec sa fille Inass Touloub, au cœur du dossier médiatisé de la « martyre de l'autoroute A10 ». Malgré ses tentatives d'exprimer des sentiments maternels et de réaffirmer son amour pour l'enfant, l'accusée, âgée de 72 ans, a reconnu lui avoir infligé des coups et des gifles répétés, livrant des déclarations ambiguës et controversées.

Reconnaissance des coups et flou autour des tortures

El Bakhti a admis devant la cour avoir parfois usé de violences physiques à l'encontre de sa fille. Elle s'est toutefois retranchée derrière le déni et l'oubli lorsque la présidente de la cour a égrené la longue liste des lésions relevées sur le corps de l'enfant, incluant des brûlures, des ecchymoses, des fractures ainsi que des traces de morsures humaines. L'accusée a répondu par des formules évasives : « Comment ai-je pu faire tout cela ? Je ne savais pas pourquoi je la frappais. »

La présidente du tribunal a exprimé son étonnement face à la précision de la mémoire de l'accusée sur certains aspects. Celle-ci a en effet détaillé la naissance de la fillette, son souhait initial de rester au Maroc pour reprendre son emploi d'institutrice avant son installation en région parisienne, puis la demande de son mari, résidant en France, de venir le seconder dans son travail sans le nourrisson. L'accusée s'est justifiée en déclarant : « Les beaux moments, je m'en souviens très bien ; quant à la période noire, je ne m'en souviens pas. »

Rupture familiale et versions contradictoires

Selon l'accusée, cette « période noire » correspond à la phase où Inass est revenue vivre en France, après avoir passé sa première année au Maroc sous la garde de sa grand-mère. La mère n'était alors pas parvenue à tisser de lien affectif avec le nourrisson, évoquant des difficultés réciproques d'adaptation. Elle a néanmoins tenté d'afficher son attachement en la désignant comme sa « petite » et son « autre moitié », ajoutant : « J'aimais ma fille… Quand ma petite est morte, je suis morte moi aussi. »

La mère a affirmé qu'Inass s'était éteinte sur ses genoux, sur la banquette arrière du véhicule familial, la nuit du départ pour des vacances au Maroc. Cette déclaration contredit formellement les propos du père de l'enfant, Ahmed Touloub, qui a soutenu que le décès était survenu la veille, au sein du domicile conjugal.

Stupeur dans la salle d'audience

Interrogée par la présidente sur la cause de la mort de sa fille, la réponse d'El Bakhti a suscité l'incompréhension et l'indignation dans la salle : « Elle était fatiguée, très fatiguée, et elle ne mangeait pas bien. » Cette version est en contradiction flagrante avec les constatations médicales présentées par le médecin légiste, qui a certifié que l'enfant avait enduré une agonie particulièrement longue, lente et douloureuse avant de succomber.

Source: France Info

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