6 novembre 2026
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Le classement académique de Leyde rivalise avec Shanghai : les universités françaises brillent et des appels à une souveraineté scientifique européenne émergent

Alternative ouverte et transparente au classement de Shanghai, le classement de Leyde met en lumière les performances des universités françaises tout en relançant le débat sur la souveraineté scientifique européenne.

Le classement académique de Leyde rivalise avec Shanghai : les universités françaises brillent et des appels à une souveraineté scientifique européenne émergent
⚡ En bref
  • L'Université Paris-Cité se hisse en tête des établissements français pour l'impact scientifique, suivie par Sorbonne Université et l'Université Paris-Saclay.
  • Des universitaires français dénoncent le modèle commercial du classement de Shanghai et ses bases payantes, appelant à renforcer la souveraineté scientifique européenne.
  • Le classement néerlandais privilégie la transparence de la recherche, mais fait l'impasse sur des critères clés tels que la qualité de l'enseignement et l'insertion professionnelle des diplômés.

Alors que les regards des milieux académiques et des étudiants, y compris les étudiants internationaux et les membres des diasporas établies en France, se tournent chaque été vers le célèbre classement de Shanghai, une alternative gagne l'attention croissante des experts : le classement de l'université de Leyde (Pays-Bas), dont la dernière édition a été publiée le 4 novembre dernier par le Centre d'études des sciences et des technologies (CWTS).

Ce palmarès se distingue par une approche totalement différente de son homologue chinois : au lieu d'agréger des indicateurs disparates pour attribuer un score global unique, les experts néerlandais proposent des classements multiples et détaillés par thématique. Ludo Waltman, directeur scientifique du centre, explique que la présentation séparée des indicateurs de performance permet aux chercheurs et aux observateurs de se concentrer sur les aspects les plus pertinents pour eux.

Une présence forte et remarquée des universités françaises

À l'échelle française, le classement met en lumière les performances notables de plusieurs grandes universités qui accueillent chaque année des milliers d'étudiants. L'Université Paris-Cité s'est ainsi hissée à la première place nationale pour l'impact scientifique de ses recherches et publications, suivie de près par Sorbonne Université puis l'Université Paris-Saclay. Paris-Saclay a par ailleurs décroché la première place nationale pour la collaboration internationale et l'ouverture extérieure, ainsi que pour l'accès ouvert de ses recherches auprès du grand public.

Au niveau international, l'université américaine de Harvard demeure en tête, occupant la deuxième place pour la collaboration extérieure et la première pour les autres critères, aux côtés d'une solide performance des grandes universités chinoises.

La transparence face aux intérêts commerciaux

Nathalie Drach-Temam, présidente de Sorbonne Université, souligne que le grand atout du classement de Leyde réside dans le fait qu'il émane d'un institut de recherche rattaché à une université publique et non d'une entreprise privée, contrairement à l'agence ShanghaiRanking Consultancy, qui fournit parallèlement des services de conseil payants aux universités qu'elle évalue, suscitant des soupçons de conflits d'intérêts.

La divergence fondamentale réside également dans la nature des données : la version « Open Edition » du classement de Leyde s'appuie sur la base de données ouverte et gratuite OpenAlex, tandis que le classement de Shanghai et ses concurrents comme QS et Times Higher Education recourent à des bases de données fermées et payantes telles que Web of Science. Les universités déboursent des sommes considérables pour accéder aux données de leurs propres recherches. Hélène Boulanger, présidente de l'Université de Lorraine, a ainsi révélé que l'abonnement annuel de son établissement s'élevait à 50 000 euros, qualifiant d'« aberrant » le fait de payer pour accéder à des travaux produits et financés en interne, ce qui a conduit son université à boycotter ces modèles fermés au profit de plateformes ouvertes.

Appel à une souveraineté scientifique européenne attentive aux priorités sociétales

Ces évolutions s'inscrivent dans la droite ligne de la Coalition pour l'avancement de l'évaluation de la recherche (CoARA), fondée en 2022 et regroupant quelque 830 organisations scientifiques européennes et internationales. Pour Hélène Boulanger, l'enjeu dépasse les simples chiffres et touche directement à la souveraineté scientifique de l'Europe face à la domination croissante des laboratoires chinois et américains, appelant l'Europe à forger sa propre vision de la recherche afin qu'elle contribue à bâtir une société plus juste et plus durable.

Les limites du classement et ses lacunes sur l'expérience étudiante

Malgré les atouts et la transparence du classement de Leyde, celui-ci présente certaines limites méthodologiques que les étudiants et leurs parents doivent garder à l'esprit. Laurence Chagnon, ingénieure en bibliométrie à l'Université PSL, souligne que ce palmarès repose essentiellement sur la production de recherche et les publications scientifiques, faisant l'impasse sur d'autres aspects cruciaux du parcours étudiant, tels que la qualité de l'enseignement ou les taux d'insertion professionnelle des diplômés sur le marché du travail français et international.

De plus, la complexité des indicateurs et la multiplicité des tableaux en rendent la lecture difficile pour les familles en quête d'évaluations simples et directes pour choisir l'orientation universitaire adéquate de leurs enfants en France.

Source: L’Express

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