6 novembre 2026
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Coulisses de la présidentielle française : course précoce, retraites ignorées et controverse sur le calendrier de l'immigration

À l'approche de l'élection présidentielle française, les manœuvres partisanes s'intensifient autour de dossiers brûlants comme les retraites et l'immigration, tandis que les candidats affûtent leurs stratégies.

Coulisses de la présidentielle française : course précoce, retraites ignorées et controverse sur le calendrier de l'immigration
⚡ En bref
  • Les candidats de la majorité ignorent un document de travail élaboré par le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou sur la réforme des retraites.
  • Édouard Philippe essuie des critiques pour avoir abordé l'immigration au lendemain d'une agression raciste, et Bruno Le Maire attaque vivement Bruno Retailleau.
  • Raphaël Glucksmann reprend la formule des réunions de Jean-Luc Mélenchon pour exposer directement sa vision de la France aux électeurs.

Avec l'approche de l'élection présidentielle française et l'émergence hebdomadaire de nouveaux prétendants, la scène politique entre dans une phase d'ébullition où se croisent manœuvres partisanes et dossiers cruciaux pour l'opinion publique, tels que les retraites, l'immigration et la recomposition des rapports de force au sein des différentes familles politiques.

Le document sur la réforme des retraites ignoré par les candidats

Le 18 septembre, après près d'une année de négociations entre partenaires sociaux, les travaux de la conférence sur « le travail, l'emploi et les retraites » ont abouti à un document de travail final traçant des pistes pour toute future réforme du système des retraites. Ce texte a reçu un large assentiment des organisations syndicales, à l'exception de la CGT. Toutefois, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou s'est retrouvé dans une posture inconfortable : alors qu'il comptait soumettre cette base prête à l'emploi aux candidats de son camp, ses appels se sont heurtés à l'indifférence totale des prétendants et de leurs équipes de campagne. Le seul à s'y intéresser a été l'ancien ministre Aurélien Rousseau, l'une des figures clés de l'équipe de Raphaël Glucksmann.

Les clarifications de Bernard Cazeneuve auprès de François Hollande

Sur l'échiquier socialiste et de gauche, l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve a téléphoné à l'ancien président François Hollande le 22 octobre pour le rassurer, à la suite d'un entretien accordé le 21 octobre au journal « Le Figaro » dans lequel il exprimait son souhait d'apporter son soutien à Raphaël Glucksmann. L'entourage de Hollande a fait savoir que Cazeneuve avait assuré qu'il ne s'agissait nullement d'un ralliement formel à la campagne de ce dernier, tandis que des proches du fondateur du mouvement « La Convention » ont souligné que Cazeneuve demeurait un homme libre, n'ayant à justifier ses positions auprès de quiconque.

Critiques de Bruno Le Maire et vives réserves sur le timing d'Édouard Philippe sur l'immigration

Dans le camp de la droite, l'ancien ministre de l'Économie Bruno Le Maire a décoché des flèches acérées contre Bruno Retailleau, confiant à l'un de ses interlocuteurs que ce dernier n'accéderait jamais à l'Élysée, estimant que quiconque manque de courage pour décrocher son téléphone après avoir formulé des critiques n'a pas l'étoffe d'un président de la République.

Dans le même temps, un ministre du gouvernement de Sébastien Lecornu a raillé le sens du timing de l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, affirmant qu'il répétait les mêmes erreurs d'opportunité : « Après avoir lancé son projet de réforme des retraites en pleines tensions sociales, voilà qu'il choisit aujourd'hui de parler d'immigration juste après une agression raciste ! »

Doutes autour de David Lisnard et mimétisme entre Glucksmann et Mélenchon

S'agissant de la visibilité médiatique des prétendants, la cote du maire de Cannes, David Lisnard, sur les réseaux sociaux fait l'objet d'un suivi attentif dans les couloirs du pouvoir. Mais un ministre a comparé sa posture à celle de Jean-Michel Aulas, soulignant que sa forte présence numérique perd de sa superbe et trahit ses faiblesses dès lors qu'il apparaît en direct sur les plateaux de télévision.

De son côté, Raphaël Glucksmann a annoncé dans une vidéo la tenue de réunions publiques directes et ouvertes depuis son quartier général afin d'exposer sa vision pour la France. Un format qui ressemble de très près aux rendez-vous mensuels du « Moment politique » régulièrement organisés et retransmis en ligne par Jean-Luc Mélenchon.

Source: L’Express

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