Un économiste analyse l'après-élections du Congrès : dérive budgétaire américaine et pressions commerciales en vue sur l'Europe
Dans une analyse approfondie des résultats des élections américaines de mi-mandat de 2026, l'économiste en chef de Carmignac, Raphaël Gallardo, anticipe un dérapage budgétaire aux États-Unis ainsi que de nouvelles pressions commerciales ciblant l'Europe.
- Le recul de la popularité de Trump et sa perte du Congrès s'expliquent par le rebond de l'inflation à 5 %, la flambée des carburants et les politiques arbitraires d'expulsion des migrants.
- Des prévisions de dérive budgétaire avec un déficit atteignant 7 % du PIB, et l'ouverture par Washington d'un nouveau front tarifaire visant l'Europe dans le secteur des services numériques.
- La persistance des tensions militaires au Moyen-Orient et la pression sur les prix du pétrole, parallèlement à l'ouverture par les démocrates de vastes enquêtes financières visant l'entourage de Trump.
Dans une lecture exhaustive des résultats des élections américaines de mi-mandat de 2026, Raphaël Gallardo, chef économiste au sein de la société de gestion Carmignac, a qualifié le basculement politique et la reprise du contrôle du Congrès par les démocrates d'événement historique reflétant la profondeur du mécontentement populaire, en particulier parmi les ménages et les immigrés, dévoilant les scénarios économiques et internationaux attendus au cours des deux prochaines années.
Les raisons de la défaite : inflation, immigration et intelligence artificielle
Gallardo a précisé que la défaite du camp républicain ne se limitait pas seulement aux retombées de la guerre menée par Washington contre l'Iran et à la flambée des prix des carburants qui en a résulté, mais tenait également à l'échec des promesses économiques de Trump ; l'inflation a en effet rebondi à 5 % et la confiance des consommateurs a chuté à des niveaux inférieurs à ceux enregistrés lors de la crise financière de 2009. De même, les politiques migratoires intransigeantes et les campagnes d'expulsion arbitraires ont entraîné la perte des suffrages de larges pans de la communauté latino.
L'expert a souligné l'émergence d'un nouveau phénomène : un large rejet populaire des centres de données d'intelligence artificielle en raison de leur consommation colossale d'électricité, d'eau et de terres, ainsi que des nuisances sonores, ce qui s'est traduit par un mouvement de protestation dans de grands États ; ainsi, les prix de l'énergie ont grimpé dans l'Ohio (qui compte 1,2 GW et prévoit d'ajouter 18 GW), contribuant au basculement d'États impactés tels que le Texas (où 93 GW doivent être développés), la Géorgie et l'Ohio dans le giron démocrate.
Nouveau dérapage budgétaire et pressions ciblant l'Europe
Sur le plan budgétaire, Gallardo a mis en garde contre un dérapage attendu des finances publiques américaines, avec un déficit public s'établissant actuellement à 7 % du PIB. À l'approche des débats sur le plafond de la dette publique l'année prochaine, les démocrates imposeront des conditions pour annuler les coupes sociales dans des programmes tels que l'assurance maladie (Medicaid) et l'aide alimentaire aux ménages à faibles revenus, ce qui laisse présager une nouvelle hausse des taux d'intérêt sur les marchés mondiaux.
En matière de politique commerciale, Gallardo a anticipé que Trump dirigerait ses droits de douane, lors de la prochaine étape, vers l'Europe, non pas dans le secteur manufacturier traditionnel, mais en ciblant le secteur des services numériques, d'autant plus qu'il cherche à compenser d'éventuels compromis commerciaux imminents avec le Canada.
Vastes enquêtes et tensions géopolitiques persistantes
Gallardo estime que la nouvelle majorité démocrate au Congrès mettra à profit ses prérogatives pour ouvrir de vastes enquêtes sur les contrats et les soupçons d'enrichissement au sein du premier cercle de Trump et de sa famille, notamment les investissements de Jared Kushner et de son fonds (Affinity Partners), lié à des milliards de dollars provenant d'Israël et du Moyen-Orient, ainsi que les participations de Donald Trump Jr., via le fonds (1789 Capital), dans des compagnies minières au Kazakhstan.
Sur le front extérieur, bien que le Congrès ne dispose pas d'un pouvoir contraignant suffisant pour forcer le président à cesser les interventions militaires extérieures, Gallardo juge probable le déclenchement d'une nouvelle campagne militaire contre l'Iran, motivée par le souhait du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou de pérenniser un état de tension jusqu'aux élections législatives israéliennes du printemps 2027, ce qui maintiendra les cours mondiaux du pétrole sous la pression des aléas géopolitiques.
Source: L’Express





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