L'Iran intensifie son offensive diplomatique pour réduire l'influence de Washington dans le Golfe après les élections de mi-mandat
Tandis que Donald Trump réitère ses menaces militaires, Téhéran multiplie les démarches diplomatiques auprès des pays du Golfe et de Moscou tout en posant ses conditions à Washington.
- Téhéran exige le respect de sept conditions par Washington avant toute reprise des pourparlers et multiplie les contacts avec les pays du Golfe et Moscou.
- L'Iran accorde des exemptions aux restrictions de navigation dans le détroit d'Ormuz à plusieurs pays, dont l'Irak, le Qatar, l'Inde et la Chine.
- Le commandement militaire américain offre jusqu'à 20 millions de dollars pour tout renseignement sur le programme et les installations nucléaires iraniens.
Une incertitude persistante règne au Moyen-Orient quant à une éventuelle reprise des affrontements militaires au lendemain des élections américaines de mi-mandat. Dans ce contexte, le président américain Donald Trump a réitéré ses menaces, le jeudi 5 novembre, affirmant que les États-Unis étaient en mesure de détruire ce qu'il reste de l'Iran, alors même que Téhéran intensifiait ses initiatives diplomatiques à la suite des résultats électoraux.
Conditions iraniennes et ouverture vers les pays voisins
De hauts responsables du régime iranien ont réaffirmé ces derniers jours qu'il n'y aurait aucun retour à la table des négociations avec la partie américaine tant que Washington ne se serait pas concrètement engagé à respecter les sept conditions fixées par Téhéran. Parallèlement, la diplomatie iranienne poursuit ses efforts multilatéraux : le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, s'est entretenu par téléphone avec plusieurs dirigeants des pays du Golfe au cours des dernières 48 heures, leur adressant un message clair les invitant à choisir entre l'insécurité collective ou l'établissement d'une sécurité régionale partagée.
Par ce rapprochement, Téhéran cherche à réduire au maximum l'influence américaine dans la région, tirant parti de ce qu'elle perçoit comme un recul du soutien militaire des États-Unis à certains de leurs alliés. Sur le plan pratique, les autorités iraniennes ont accordé des dérogations aux restrictions de navigation dans le détroit d'Ormuz à l'Irak et au Qatar, ainsi qu'à l'Inde et à la Chine.
Rapprochement avec Moscou et importante prime américaine
Sur le front oriental, le haut responsable de la sécurité iranienne, Mohsen Rezaee, a rencontré le président russe Vladimir Poutine à Moscou le 5 novembre, les discussions ayant principalement porté sur des projets de gazoducs reliant la Russie à l'Iran.
En réponse, l'armée américaine a annoncé, vendredi 6 novembre, par l'intermédiaire du Commandement central américain pour le Moyen-Orient (CENTCOM), une récompense financière pouvant atteindre 20 millions de dollars, assortie d'une possibilité de réinstallation, pour toute information capitale relative au programme nucléaire iranien, incluant ses installations, ses équipements et son personnel.
Ces développements interviennent alors que Donald Trump ne cesse d'affirmer, depuis le déclenchement de la guerre en Iran consécutif à des frappes conjointes américaines et israéliennes en février, qu'il ne permettra jamais à Téhéran d'accéder à l'arme nucléaire. Le 1er novembre, le président américain avait déclaré que les capacités nucléaires iraniennes avaient été neutralisées, précisant qu'un ou deux sites demeuraient sous surveillance, parmi lesquels le mont Kolang, suspecté par les services de renseignement américains d'abriter un complexe nucléaire souterrain.
Source: RFI





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