7 novembre 2026
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France : l'« Acte 4 » des manifestations contre la vie chère perturbe Paris, les commerces se barricadent

Une nouvelle journée de mobilisation contre la vie chère et pour l'amélioration des conditions d'études a secoué Paris et plusieurs villes de France, poussant les commerçants à protéger leurs vitrines face aux craintes de débordements.

France : l'« Acte 4 » des manifestations contre la vie chère perturbe Paris, les commerces se barricadent
⚡ En bref
  • De larges appels à manifester lancés par les syndicats, les étudiants et les « gilets jaunes » après une mobilisation ayant rassemblé entre 600 000 et 1,6 million de personnes.
  • Forte attente autour de la conférence sociale du Premier ministre Sébastien Lecornu, les organisations rejetant d'emblée toute hausse minime du Smic.
  • Mesures de sécurité strictes incluant la fermeture de stations de métro, tandis que les commerces se calfeutrent face à des pertes de chiffre d'affaires atteignant jusqu'à 70 %.

Une nouvelle vague de manifestations a débuté en France, samedi 7 novembre, dans le cadre de ce qui a été baptisé « Acte 4 » du mouvement social, pour protester contre la vie chère et exiger une amélioration des conditions d'études pour les jeunes. Cet appel conjoint réunit des syndicats de travailleurs, des organisations de lycéens et d'étudiants, ainsi que le mouvement des « gilets jaunes », deux jours seulement après la forte mobilisation observée le jeudi 5 novembre, qui avait rassemblé entre 600 000 personnes (selon les autorités) et 1,6 million de manifestants (selon la CGT).

Dans la capitale, l'intersyndicale et les organisations de jeunesse ont retenu le parcours traditionnel reliant la place de la République à la place de la Nation. Les syndicats ont réaffirmé leur volonté de poursuivre la mobilisation dans la rue jusqu'à ce que l'exécutif réponde aux revendications liées au pouvoir d'achat. Tous les regards se tournent désormais vers les conclusions de la conférence sociale initiée par le Premier ministre Sébastien Lecornu pour le lundi 9 novembre, les contestataires prévenant déjà qu'une revalorisation minime du Smic ne suffira pas à éteindre la colère populaire.

Mobilisation des « gilets jaunes » et défi à l'interdiction préfectorale

De leur côté, les militants des « gilets jaunes » estiment que les revendications dépassent les seules questions matérielles pour englober la mise en place d'outils de démocratie directe. En dépit d'une interdiction formelle émise par la préfecture de police de Paris, la coordination du mouvement a maintenu son appel à un rassemblement distinct du cortège syndical sur la place de la Concorde, un lieu hautement symbolique en raison de sa proximité avec l'Assemblée nationale. Dans le reste du pays, près de 80 défilés et rassemblements ont été officiellement annoncés, un niveau toutefois nettement inférieur au millier d'actions recensées le 17 octobre dernier.

Inquiétude chez les commerçants et fermetures dans les transports

Ces mobilisations pèsent lourdement sur la vie quotidienne et l'activité économique de la capitale, où les commerçants affrontent un quatrième samedi de tensions sous la menace de dégradations. Le long des principaux axes et places du centre et de l'est parisien, magasins et agences bancaires ont recouvert leurs distributeurs de plaques métalliques et barricadé leurs vitrines à l'aide de panneaux de contreplaqué.

Une pharmacienne a indiqué que l'installation de ces protections en bois pour se prémunir des dégradations lui avait coûté entre 2 000 et 5 000 euros, déplorant un « fardeau financier considérable ». Les restaurateurs partagent le même désarroi : l'un d'eux a expliqué avoir choisi de maintenir son établissement ouvert tout en condamnant sa terrasse afin de limiter les risques, tout en précisant que ce mois de contestation continue avait amputé son chiffre d'affaires d'au moins 70 %, appelant à épargner les petits commerçants déjà écrasés par les charges fiscales.

Afin de juguler les flux et de maîtriser la situation sécuritaire, des dizaines de stations de métro ont été fermées à Paris, compliquant fortement les déplacements des usagers et accentuant la paralysie du commerce au cœur de la capitale.

Source: RFI

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