3 نوفمبر 2026
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Construction : les isolants biosourcés font de la résistance

Construction : les isolants biosourcés font de la résistance

Portées aux nues ces dernières années, les politiques des entreprises sur la responsabilité sociétale des entreprises ont connu un vaste coup de frein. La faute à un contexte politique, économique et géopolitique international toujours plus tendu. Qu'il paraît lointain le temps où les grands patrons rivalisaient de promesses pour lutter contre le changement climatique, que les Comex se dotaient de "responsables RSE", que les cabinets de conseils spécialisés en la matière pullulaient et que les grandes nations rivalisaient de textes réglementaires ambitieux.

Pour autant, coup de frein ne veut pas dire coup d'arrêt et les graines plantées ont germé : rares sont les entreprises qui ont définitivement arrêté leurs programmes de durabilité. Disons que les discours sur la RSE - aux tonalités souvent morales voire trop prescriptives -, se veulent aujourd'hui plus discrets. Côté actions, après la phase des mesures et des bilans (carbone), vient celle de la mise en place des bonnes pratiques, selon les secteurs d'activité comme la construction (voir ci-dessous), l'automobile ou l'habillage. Autant d'initiatives qui montrent que la transformation, inéluctable est bien en marche. Cet été, tout particulièrement, les preuves tangibles du réchauffement climatique (incendies, canicules) ont montré qu'il n'existe pas d'autre option pour les acteurs de l'économie que celle de l'adaptation.

Une éclaircie au milieu de l’orage. Alors que la crise du logement fait rage, notamment dans les périphéries des grandes villes, où les terrains promis aux immeubles restent en friche et les permis de construire dorment dans les tiroirs, le secteur de l’habitat accuse le coup : près de 60 000 emplois ont été perdus entre 2022 et 2026 selon les derniers chiffres de la Fédération française du bâtiment (FFB). Mais il peut compter sur une tendance de fond. "La maison individuelle résiste, et surtout très bien dans le neuf", pointe Vincent Hannecart, directeur général de Cavac Matériaux et président de l’Association des industriels de la construction biosourcée.

Une démarche durable, écologique et en circuit court

À cet égard, les matériaux issus de ressources renouvelables et locales se développent toujours plus sur le marché de l’isolation. "Nos filières sont aujourd’hui structurées et nous sommes compétitifs", se félicite Thierry Toniutti, fondateur de Ouateco. Créée en 2009, cette PME familiale, "totalement indépendante et basée sur le bon sens", selon son fondateur, travaille notamment la ouate de cellulose. Cet isolant thermique et acoustique biosourcé est fabriqué à partir de papier journal recyclé. Thierry Toniutti l’a découvert lors d’un séjour aux États-Unis, avant de l’importer en France en s’appuyant, cette fois, sur l’expertise finlandaise. "Eux doivent composer aussi bien avec de fortes chaleurs qu’avec des froids extrêmes. On s’est dit que si le produit fonctionnait là-bas, il serait parfaitement adapté au climat français", assure-t-il. Appliqué en rouleaux ou soufflé à sec dans les combles, cet isolant n’est vendu que dans les Landes afin d’éviter les longs et coûteux trajets en camion. Une démarche "durable, écologique", et donc "en circuit court".

Mais la ouate de cellulose n’a pas l’apanage du biosourcé. La variété des matériaux est immense et la France dispose d’une offre particulièrement riche : paille, textile recyclé, chanvre, bois… "On peut compter une dizaine de grandes familles, et plein de variétés émergentes qui s’imposent en fonction du type d’habitat, de l’exposition, de l’humidité ou de l’épaisseur des murs", détaille Vincent Hannecart. Avant de conclure : "L’offre est désormais suffisamment riche pour pouvoir toujours employer du biosourcé et s’engager dans une démarche écoresponsable. A nous de communiquer et de convaincre de l’intérêt de ces matériaux. Nous ne sommes plus dans un marché de niche."

La France riche de ses ressources agricoles

La preuve : ces matériaux représentent aujourd’hui 8,2 % du marché de l’isolation en volume et 11 % en valeur. Un segment porté par un solide tissu de PME et TPE, mais qui peut aussi compter sur une locomotive : Saint-Gobain, l’un des géants mondiaux des matériaux d’isolation. La filière bénéficie également d’un atout bien français : ses ressources agricoles. Avec sa production de chanvre, la première d’Europe, l’Hexagone dispose par exemple d’une matière locale et abondante pour alimenter les fabricants d’isolants.

Autre perspective pour le secteur : le recyclage de matériaux non naturels, comme le plastique qui, s’il n’est pas biosourcé, possède néanmoins des vertus écologiques. La start-up caennaise, Isokolo, créée par trois jeunes normands et qui doit ouvrir sa première usine au printemps a fait ce pari en développant un isolant soufflé à partir de sièges de voiture et de matelas. "A l’origine, ils ont été conçus pour retenir la chaleur, on cherche donc à les réutiliser pour cette propriété", explique son créateur, Elouan Pautonnier. Avec un objectif premier : ne pas être plus cher que les matériaux conventionnels : "Dès qu’on s’aligne sur les prix, on peut convaincre le consommateur", insiste-t-il. Un joli espoir dans le monde du bâtiment en crise particulièrement… durable.

Source: L’Express

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