6 novembre 2026
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France : près de 1,6 million de manifestants lors d'une vaste mobilisation réunissant travailleurs et étudiants pour réclamer des hausses de salaires et de meilleurs services publics

Une mobilisation sociale massive a rassemblé des centaines de milliers de travailleurs et de lycéens à travers la France pour revendiquer des revalorisations salariales, la défense des services publics et l'amélioration des conditions de vie et d'études.

France : près de 1,6 million de manifestants lors d'une vaste mobilisation réunissant travailleurs et étudiants pour réclamer des hausses de salaires et de meilleurs services publics
⚡ En bref
  • Entre 600 000 (selon le ministère de l'Intérieur) et 1,6 million de manifestants (selon les syndicats) ont pris part à la plus importante mobilisation de l'automne.
  • Une convergence notable entre étudiants et syndicats de l'éducation, de la santé et de l'automobile pour dénoncer la faiblesse des salaires et la dégradation des conditions d'études et de travail.
  • Mobilisation policière d'environ 70 000 agents et heurts constatés à Paris, alors qu'une « conférence sociale » est attendue à l'hôtel de Matignon.

Différentes villes françaises ont été le théâtre, jeudi, d'une vaste mobilisation sociale qualifiée de plus importante depuis le début de l'automne. Des centaines de milliers de travailleurs, d'employés et de lycéens ont défilé côte à côte pour réclamer des hausses de salaires, l'amélioration des services publics ainsi que de meilleures conditions de vie et d'études.

La Confédération générale du travail (CGT) a fait état de près de 1,6 million de participants à l'échelle nationale, dont 350 000 dans la capitale, Paris. De son côté, le ministère de l'Intérieur a estimé le nombre de manifestants à environ 600 000, selon un bilan provisoire communiqué dans l'après-midi.

Une large coalition et des revendications ancrées dans le quotidien

Ces manifestations ont fait suite à un appel commun lancé par cinq grandes organisations syndicales (CFDT, CGT, FO, FSU et Unsa), rassemblant des salariés des secteurs public et privé, en phase avec le mouvement étudiant et lycéen. Les revendications ne se sont plus limitées aux conditions d'études et aux réformes de la plateforme d'orientation universitaire « Parcoursup », mais se sont étendues à la revalorisation du SMIC, à la justice fiscale, au soutien des services publics, ainsi qu'à la dénonciation des violences policières et des restrictions au droit de manifester.

La présence des professionnels aux revenus modestes, directement liés au quotidien des familles, a été particulièrement remarquée, à l'instar des accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH). Maryam Touré, qui perçoit avec ses collègues environ 1 030 euros net par mois, a expliqué que la faiblesse des rémunérations freine les recrutements et prive les enfants d'un accompagnement adapté, réaffirmant leur demande d'intégrer le statut de fonctionnaires titulaires de catégorie B.

Détresse dans les établissements scolaires et pression dans le secteur privé

En banlieue parisienne, notamment à Montreuil et Romainville, des lycéens ont exprimé leur exaspération face au manque de moyens dans les établissements scolaires, pointant l'absence de chauffage ainsi que l'éloignement géographique contraignant certains à passer jusqu'à deux heures par jour dans les transports. Dans le secteur de la santé, des soignants de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière ont partagé leur mécontentement face à l'aggravation du manque d'effectifs médicaux et de matériels indispensables à la prise en charge des patients.

Le secteur privé n'est pas resté en marge : des ouvriers de l'usine Stellantis de Poissy ont pris part au cortège pour réclamer une augmentation mensuelle de 450 euros, affirmant que la flambée du coût de la vie empêche les classes ouvrières, productrices de richesses, de vivre dignement.

Dispositif sécuritaire et conférence gouvernementale en vue

Sur le terrain, les autorités ont mobilisé 70 000 policiers et gendarmes à travers la France pour encadrer les défilés. À Paris, les commerces situés le long du boulevard Voltaire ont dû baisser leurs rideaux pour prévenir d'éventuelles dégradations, sur un parcours marqué par des tirs de gaz lacrymogènes, des charges de matraques et l'intervention de soignants de rue (street medics) pour prendre en charge des blessés parmi les manifestants.

Face à cette pression populaire, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé la tenue d'une « conférence sociale » lundi à Matignon, réunissant organisations syndicales et patronales pour examiner la situation actuelle, tandis que les contestataires estiment que le contexte exige le maintien de la mobilisation afin d'obtenir des avancées concrètes.

Source: RFI

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