Le pape Léon XIV entame une tournée en Amérique latine sur fond de défis de santé et de dossiers délicats
Âgé de 71 ans et en pleine convalescence après une opération du poumon, le pape Léon XIV a débuté une visite pastorale et politique majeure en Uruguay, en Argentine et au Pérou, confronté à des tensions avec Javier Milei et au scandale des abus sexuels.
- Début de la tournée du pape Léon XIV (71 ans) en Amérique latine, trois semaines seulement après avoir subi une opération pour un cancer du poumon.
- Le voyage couvre l'Uruguay, l'Argentine et le Pérou, comprenant plus de 50 événements religieux, des rencontres politiques et des échanges avec des populations autochtones.
- Des dossiers complexes attendent le souverain pontife, notamment les tensions avec le président argentin Javier Milei, le débat sur la laïcité en Uruguay et l'accusation d'abus sexuels visant 77 religieux au Pérou.
Le pape Léon XIV, âgé de 71 ans, a entamé ce vendredi 6 novembre 2026 une vaste tournée en Amérique latine, la plus grande région catholique du monde, trois semaines seulement après avoir subi une délicate intervention chirurgicale liée à un cancer du poumon. Ce périple, qui se poursuivra jusqu'au 17 novembre, comprend trois pays : l'Uruguay, l'Argentine et le Pérou, pays où le souverain pontife a vécu près de vingt ans et où il a précédemment exercé les fonctions d'évêque de la ville de Chiclayo.
Un retour papal très attendu et un programme chargé
Cette visite revêt un caractère historique pour ces trois nations, qu'aucun souverain pontife n'avait visitées depuis la tournée du pape Jean-Paul II à la fin des années 1980. Malgré la longue attente des Argentins envers le défunt pape François, qui s'était rendu au Pérou en 2018 sans visiter sa terre natale, le pape Léon XIV a choisi de revenir sur le continent pour passer une semaine au Pérou, avec une visite particulière dans son ancienne ville de Chiclayo.
En dépit de son état de santé et de sa période de convalescence, le pape devrait présider plus de 50 événements en présence de millions de fidèles, allant de messes en plein air à des veillées de prière avec les jeunes, en passant par des rencontres avec des populations autochtones d'Amazonie et des entretiens avec des victimes d'abus sexuels.
Dossiers politiques et concurrence religieuse
Sur le plan politique, le programme de la tournée prévoit des entretiens avec les dirigeants des pays concernés, au premier rang desquels le président argentin Javier Milei, dans un contexte de relations tendues entre les deux parties, notamment après l'inauguration par ce dernier, fin octobre, d'une église évangélique — illustration de la concurrence croissante à laquelle l'Église catholique fait face en Amérique latine de la part des courants évangéliques et des formes de religiosité individualistes.
Étape en Uruguay : controverse autour de la laïcité et de la symbolique
Le pape a entamé son voyage par une visite de trois jours en Uruguay, où il a été accueilli sur la place de l'Indépendance à Montevideo. Il doit visiter un quartier défavorisé de la capitale et célébrer des messes dans les villes de Paysandú et de Florida, ainsi qu'une grande veillée de prière le samedi 7 novembre au stade Centenario, réunissant des dizaines de milliers de personnes.
Cette visite met également en lumière le caractère laïque de l'Uruguay, où seulement un tiers de la population se déclare catholique et où le 25 décembre est officiellement désigné sous le nom de « Jour de la Famille ». Le voyage a suscité une controverse politique après une proposition d'illuminer la façade du Parlement aux couleurs du Vatican, rejetée par des députés de la coalition de gauche au pouvoir (le Front élargi), qui y ont vu une atteinte à la laïcité, tandis que le président Yamandú Orsi reçoit le pape en sa qualité de chef de l'État du Vatican.
Le dossier des violences sexuelles plane sur l'étape péruvienne
Peu avant l'arrivée du souverain pontife au Pérou, l'organisation « BishopAccountability » a dévoilé une liste de 77 membres du clergé péruvien accusés d'abus sexuels, publiant leurs photos et le récapitulatif des accusations portées contre eux, dans le but de documenter les faits et d'exiger des comptes, qu'ils aient été condamnés par la justice ou qu'ils demeurent toujours en fonction.
L'organisation, par la voix de sa coordinatrice Anne Barrett Doyle, a réclamé des décisions fermes interdisant à toute personne impliquée dans des abus sur mineurs d'exercer des fonctions religieuses, estimant qu'il s'agit là du strict minimum attendu du pape. La gestion de ce dossier par le pape Léon fait l'objet de critiques de la part d'associations de victimes, qui réclament davantage de fermeté concernant les affaires pendantes devant la justice. Bien que le pape ait promis de rencontrer des victimes au cours de sa tournée, les détails de cette entrevue n'ont toujours pas été divulgués.
Source: RFI





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