France : Lecornu convoque une « conférence sociale » sur les salaires et le Smic sous la pression du coût de la vie
Face aux tensions croissantes sur le pouvoir d'achat, Sébastien Lecornu réunira lundi les partenaires sociaux à Matignon lors d'une « conférence sociale » consacrée à la question des rémunérations.
- Tenue d'une conférence sociale à Matignon lundi sous la présidence de Sébastien Lecornu, réunissant syndicats et patronat.
- Revendications syndicales pour une hausse du Smic de 10 % ou de 100 euros nets, sur fond d'alertes sur la difficulté de vivre avec moins de 2 000 euros par mois.
- Le ministre du Travail affirme qu'une revalorisation du salaire minimum n'est « pas un tabou », mais exige une évaluation de son impact sur l'emploi.
Les représentants des organisations syndicales et patronales se réuniront lundi prochain à l'hôtel de Matignon, à l'invitation de Sébastien Lecornu, dans le cadre d'une « conférence sociale » consacrée au dossier des salaires. L'annonce de cette rencontre par les services du Premier ministre est intervenue jeudi, au terme d'une journée de grèves et de manifestations. Selon Matignon, cette réunion vise à « apporter des réponses aux questions de pouvoir d'achat et de rémunérations », au cœur des préoccupations des travailleurs et des ménages en France.
En amont de cette échéance, Sébastien Lecornu a demandé au ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, de clore d'ici dimanche les concertations menées depuis plusieurs jours avec les organisations syndicales et patronales. En parallèle, le ministre des Comptes publics, David Amiel, poursuit ses discussions avec les représentants de la fonction publique.
Revendications pressantes pour une hausse du Smic
La revalorisation du salaire minimum de croissance (Smic) s'est imposée en tête des revendications réitérées jeudi par les syndicats : la CFDT réclame une hausse nette de 100 euros, tandis que la CGT demande une augmentation de 10 %. Les deux organisations exigent que ces revalorisations s'appliquent à l'ensemble de la grille salariale, la CGT réclamant en outre l'indexation des salaires sur l'indice des prix pour faire face à l'inflation.
De son côté, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a affirmé mardi que la question d'une hausse du Smic n'était « pas un tabou », soulignant toutefois la nécessité pour le gouvernement d'évaluer les répercussions d'une telle mesure sur le marché du travail et l'emploi. En France, le Smic fait l'objet de revalorisations automatiques indexées sur l'inflation, tandis que le dernier coup de pouce exceptionnel consenti par le gouvernement remonte à 2012.
La difficulté de vivre avec moins de 2 000 euros
Le ministre du Travail a appelé les branches professionnelles à revaloriser par la négociation les minima de branche inférieurs au Smic, tout en renvoyant le dossier des salaires aux négociations annuelles obligatoires (NAO) au sein des entreprises. Dans le même sens, le secrétaire général de FO, Frédéric Souillot, a affirmé sur l'antenne de BFMTV avoir déjà alerté Sébastien Lecornu sur la difficulté de vivre en France avec moins de 2 000 euros par mois, ajoutant qu'il lui rappellerait que « plus on attend, plus la facture sera lourde à la fin ».
Ces évolutions interviennent après trois samedis consécutifs de mobilisations contre la « vie chère ». Les syndicats avaient appelé les salariés des secteurs public et privé à la grève et à la manifestation jeudi, des défilés rejoints par des lycéens et des étudiants, mobilisés depuis la mi-septembre contre leurs conditions d'études, ainsi que par des militants des « Gilets jaunes ».
Source: 20 Minutes





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