6 novembre 2026
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Montée du terrorisme de « l'ultradroite violente » en France : la justice enregistre un nombre record d'enquêtes

Le procureur national antiterroriste met en garde contre l'augmentation sans précédent des dossiers liés à l'ultradroite violente en France, alors que les attaques à caractère raciste et le profil des loups solitaires inquiètent les autorités.

Montée du terrorisme de « l'ultradroite violente » en France : la justice enregistre un nombre record d'enquêtes
⚡ En bref
  • Le Parquet national antiterroriste a ouvert 9 enquêtes liées à l'ultradroite violente en deux ans, dont 4 pour la seule année 2026.
  • Les récentes attaques racistes à Trappes et au Puget-sur-Argens visaient des personnes issues de l'immigration et des musulmans, tirant la sonnette d'alarme.
  • Les services de sécurité s'inquiètent de la menace posée par des individus isolés, nourris par des discours de haine et des théories comme le « grand remplacement ».

Le procureur de la République antiterroriste, Olivier Christen, a lancé un avertissement clair concernant la montée de la menace émanant de « l'extrême droite radicale violente » en France, soulignant que le nombre de dossiers et d'enquêtes liés à ces mouvements connaît une progression notable et sans précédent au cours des dernières années.

Chiffres records et enquêtes inédites

Dans des déclarations accordées le mardi 3 novembre au micro de RTL, Olivier Christen a expliqué que, bien que la menace « djihadiste » demeure la principale menace en France, les affaires relatives à l'ultradroite violente sont en constante augmentation. Alors que le Parquet national antiterroriste (Pnat) ouvrait entre une et deux procédures par an depuis sa création en 2019 jusqu'en 2024, il a ouvert neuf enquêtes liées à cette mouvance au cours des deux dernières années, dont quatre pour la seule année 2026, un niveau record jamais enregistré auparavant.

Depuis l'instauration du parquet spécialisé, 14 affaires relevant de l'ultradroite ont été jugées. Parmi elles figure notamment le dossier « Waffenkraft », examiné devant la cour d'assises des mineurs spécialement composée en juin 2023 : quatre jeunes néonazis avaient été condamnés pour avoir projeté des attaques contre diverses cibles, dont des mosquées, une synagogue, des institutions et des personnalités politiques telles que Jean-Luc Mélenchon. L'accusé principal, l'ancien gendarme adjoint volontaire Alexandre Gilet (27 ans), avait écopé d'une peine de 18 ans de réclusion criminelle.

L'attaque de Trappes et les mobiles haineux

Ces mises en garde du procureur interviennent deux semaines après l'attaque raciste meurtrière perpétrée le 23 octobre dans les communes de Trappes et de La Verrière (Yvelines). Celle-ci a coûté la vie à un jeune homme noir de nationalité française, Bengo Boseo Wange (26 ans), et fait sept blessés, dont quatre dans un état critique, tandis que 22 autres victimes ont vu leur véhicule endommagé par des tirs ou ont été prises pour cible sans être directement touchées.

La justice a révélé que l'auteur des faits, Kévin Tessier (39 ans), placé en détention provisoire, a reconnu la nature raciste de son passage à l'acte et l'avoir prémédité dès la fin de l'été. Il a justifié son choix de la ville de Trappes en la qualifiant de « repaire d'islamistes », un lexique qui fait écho à certains discours politiques d'extrême droite. Des affiches faisant l'éloge du Rassemblement national (RN) ont été saisies à son domicile, bien qu'il n'en soit pas un membre officiel, conduisant à la classification du dossier sous l'étiquette de l'ultradroite violente.

Le tournant du Puget-sur-Argens et l'essor des « loups solitaires »

Les observateurs soulignent que l'attaque de Trappes s'inscrit dans le sillage de celle survenue le 1er juin 2025 au Puget-sur-Argens (Var), où Christophe B. a assassiné le ressortissant tunisien Hichem Miraoui (46 ans) après avoir diffusé des vidéos proclamant son intention de tuer des personnes d'origine maghrébine et des musulmans. Cette affaire avait marqué un tournant historique avec la première saisine du Pnat pour un homicide en lien avec l'extrême droite.

Selon les déclarations du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, la dangerosité majeure réside désormais dans les individus isolés qui se nourrissent d'idées de haine et de théories complotistes répandues sur les réseaux sociaux et dans certains médias, telles que le « grand remplacement » et la « remigration ». Bien que les services de renseignement dénombrent environ 350 groupuscules d'extrême droite en France, le principal défi sécuritaire reste d'identifier ces profils autonomes avant leur passage à l'acte terroriste.

Source: France Info

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