Les mères de nageurs montent au créneau après l'élimination du Sénégal aux JOJ 2026 : « On ne peut pas demander beaucoup avec des moyens dérisoires »
Après l'élimination des nageurs sénégalais aux Jeux Olympiques de la Jeunesse 2026 sans décrocher de médaille, les familles d'athlètes dénoncent le manque criant d'infrastructures et réclament des conditions d'entraînement à la hauteur des ambitions nationales.
- Élimination des nageurs sénégalais aux JOJ 2026 à Dakar sans médaille, malgré plusieurs records personnels battus.
- Les familles des athlètes dénoncent la fermeture de la piscine olympique durant quatre ans et réclament un environnement d'entraînement digne du niveau mondial.
- Appels des dirigeants de la natation à rouvrir les centres de préparation spécialisés et à développer les infrastructures en vue des Jeux de Brisbane 2032.
Le rideau est tombé sur la participation de la natation sénégalaise aux Jeux Olympiques de la Jeunesse 2026, après la cinquième place obtenue par le jeune espoir Naël Lamine Voisin lors des séries du 50 mètres brasse, le jeudi 5 novembre. Bien qu'ils quittent la compétition sans la moindre médaille, un sentiment de fierté mêlé d'interrogations dominait parmi les familles des athlètes présentes dans les tribunes, quant à ce que ces jeunes auraient pu accomplir s'ils avaient bénéficié de meilleures conditions de préparation et d'entraînement.
Une déception teintée d'ambition
Voisin est sorti du bassin olympique du complexe du « Tour de l'Œuf », le visage marqué par la déception après avoir vu s'envoler son rêve de finale. Il a toutefois affirmé sa satisfaction quant aux efforts déployés, soulignant avoir réussi la veille à battre son record personnel sur 100 mètres brasse. Le jeune nageur, dont le niveau physique a nettement progressé au cours de la dernière année, a exprimé sa profonde gratitude envers sa mère qui l'a accompagné dans ce parcours, gardant désormais en ligne de mire une future qualification pour les compétitions seniors aux Jeux Olympiques aux États-Unis.
Le cri du cœur des mères : fierté des efforts et manque de moyens
Depuis les tribunes de la piscine, Nafi Touré, mère de Naël et ancienne escrimeuse ayant représenté le Sénégal aux Jeux Olympiques d'Athènes 2004 et de Pékin 2008, a fait part de son immense fierté de voir ces jeunes représenter leur pays. Elle a toutefois insisté sur l'absence de soutien adéquat, déclarant : « On ne peut pas demander beaucoup à ces jeunes alors qu'on leur donne si peu », appelant à un meilleur encadrement et à une implication plus forte de l'État.
De son côté, Maïmouna Diakhaté, mère du nageur Rassoul Ly qui a achevé sa participation à la troisième place de sa série du 100 mètres dos, s'est inscrite dans la même démarche pour défendre les athlètes. Elle a révélé que la piscine olympique leur était restée fermée pendant quatre ans, les contraignant à s'entraîner dans des bassins de clubs ne dépassant parfois pas 20 mètres de long, parallèlement à leurs obligations scolaires, insistant sur le fait que parvenir au sommet exige la mise à disposition des conditions indispensables.
La vision de la fédération et les préparations futures
En revanche, le président de la Fédération sénégalaise de natation, Maguette Dièye, a préféré mettre l'accent sur les records personnels battus par les athlètes, expliquant que l'accueil des Jeux par le Sénégal avait permis d'aligner six nageurs, contre seulement deux lors de la précédente édition à Buenos Aires. Il a rappelé que les athlètes avaient bénéficié de deux stages d'entraînement en Chine d'une durée de deux mois et de regroupements dans le bassin de l'Université Gaston Berger de Saint-Louis, affirmant que l'objectif principal est désormais de préparer les Jeux Olympiques de Brisbane 2032 avec l'appui à long terme du ministère de tutelle.
Pour sa part, Mohamed Diop, président d'Africa Aquatics et ancien champion du Sénégal, a appelé à réactiver le centre de préparation spécialisé qui avait prouvé son efficacité entre 2019 et 2022. Il a mis en avant l'existence de compétences de haut niveau, à l'instar de Malick Fall, légende de la natation sénégalaise revenue de France pour entraîner les talents locaux, soulignant que le véritable obstacle réside dans le manque d'infrastructures adaptées pour fabriquer des champions olympiques.
Source: RFI


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