France : baisse de la mobilisation pour le quatrième samedi de manifestations contre la vie chère dans l'attente d'une conférence gouvernementale
La mobilisation a nettement faibli ce samedi en France lors de la quatrième journée de contestation contre la vie chère, alors que l'exécutif prépare une conférence sociale cruciale avec les syndicats.
- Seulement 7 000 manifestants recensés à la mi-journée contre 15 000 la semaine précédente, dans un climat sécuritaire globalement calme.
- Les revendications portent sur la revalorisation du SMIC, la lutte contre la précarité et la défense des services publics et de l'éducation.
- Le Premier ministre Sébastien Lecornu présidera lundi une conférence sociale très attendue avec les partenaires sociaux sur la question des salaires.
Les mouvements de protestation se sont poursuivis dans les rues françaises pour le quatrième samedi consécutif, avec une centaine de rassemblements organisés à travers le pays pour dénoncer la hausse du coût de la vie et soutenir la jeunesse, deux jours seulement après les grèves et les manifestations massives du jeudi 5 novembre.
Une baisse marquée de la participation
L'entourage du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a fait état à 14 heures d'une « nette décrue » du nombre de participants, avec environ 7 000 manifestants répartis sur 68 actions à travers le territoire national, contre 15 000 personnes mobilisées lors de 65 rassemblements le samedi précédent, le 31 octobre. Selon des sources officielles, la situation est restée globalement calme et maîtrisée, tout en précisant que ces estimations n'incluaient pas encore le cortège principal parisien qui s'est élancé plus tard.
Revendications sociales et pression politique
Ce mouvement composite, rassemblant des syndicats de travailleurs, des organisations étudiantes et des membres des « Gilets jaunes », entend maintenir la pression sur l'exécutif à moins de six mois de l'élection présidentielle. En tête des revendications figurent la revalorisation du SMIC et de l'ensemble des salaires, l'adoption de mesures d'urgence contre la précarité économique, ainsi que le soutien aux services publics et l'augmentation des budgets alloués aux écoles et aux universités pour améliorer les conditions d'étude.
Parallèlement, les manifestants fustigent l'absence de réponses politiques concrètes de la part d'un gouvernement privé de majorité parlementaire et confronté à une dette et un déficit massifs. Ils dénoncent également les restrictions imposées sur les parcours en centre-ville et le recours récurrent aux interpellations, bien que les rassemblements se soient déroulés dans le calme, à l'exception des violences survenues le 17 octobre.
Dispositif policier massif et suites judiciaires
Pour garantir l'ordre public, le ministère de l'Intérieur a reconduit le dispositif sécuritaire renforcé déployé les 24 et 31 octobre, mobilisant près de 70 000 policiers et gendarmes sur l'ensemble du territoire, accompagné de contrôles et de fouilles systématiques dans les gares et sur les axes routiers, perturbant les déplacements du quotidien.
Sur le plan judiciaire, les procédures se poursuivent des deux côtés : les avocats d'au moins 18 personnes blessées lors des manifestations ont annoncé leur intention de poursuivre en justice le ministre de l'Intérieur pour usage excessif de la force. De son côté, le parquet de Pau, dans le sud-ouest de la France, a ouvert une information judiciaire visant quatre mineurs placés en garde à vue, soupçonnés d'avoir blessé quatre policiers avec des tirs de mortiers d'artifice jeudi.
Dans l'attente de la « conférence sociale »
Alors que la préfecture de police de Paris a encadré le parcours autorisé entre la place de la République et la place de la Nation, des figures des Gilets jaunes ont appelé à braver les interdictions pour converger près de la place de la Concorde, à proximité immédiate de l'Assemblée nationale.
Les regards se tournent désormais vers la journée de lundi, au cours de laquelle le Premier ministre Sébastien Lecornu doit réunir les partenaires sociaux – syndicats et organisations patronales – lors d'une « conférence sociale » consacrée aux salaires et au pouvoir d'achat. Dans un communiqué, l'intersyndicale a réaffirmé qu'une réponse concrète aux exigences des travailleurs reste le seul moyen d'apaiser les tensions et d'éteindre la contestation dans la rue.
Source: Euronews (فرنسي)





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