Crise humanitaire au Mali après l'expulsion de dizaines de milliers d'orpailleurs de Guinée
Le Mali fait face à un afflux massif de dizaines de milliers d'orpailleurs artisanaux expulsés de Guinée, incitant les autorités de transition et leurs partenaires à instaurer un dispositif d'urgence pour les accueillir et assurer leur rapatriement.
- Entre 40 000 et 80 000 orpailleurs expulsés ont été enregistrés à la frontière malienne dans un contexte d'alerte gouvernementale.
- La majorité des personnes expulsées sont originaires du Burkina Faso, parmi six nationalités concernées par les décisions guinéennes.
- Une urgence sanitaire et humanitaire a été déclarée après l'enregistrement de blessés et de décès parmi les nouveaux arrivants.
Le Mali enregistre un afflux massif de dizaines de milliers d'orpailleurs traditionnels après leur expulsion de Guinée, à la suite des décisions prises par les autorités de Conakry le 2 novembre courant pour mettre fin à l'exploitation minière clandestine. Face à cette vague humaine, les autorités de transition maliennes, soutenues par des partenaires internationaux, se sont empressées de mettre en place un dispositif d'urgence pour accueillir les personnes expulsées et assurer leur rapatriement vers leurs pays d'origine, en particulier le Burkina Faso.
Chiffres en hausse et mobilisation gouvernementale
Le gouvernement de transition au Mali a signalé l'enregistrement de plus de 40 000 orpailleurs dans la ville de Kourémalé, située sur la bande frontalière entre la Guinée et le Mali, tandis que la télévision publique (ORTM) a indiqué, à l'issue d'une conférence de presse au ministère de la Sécurité et de la Protection civile, que leur nombre approcherait les 80 000 personnes. À la suite de ces développements, le Comité interministériel de gestion des crises et des catastrophes a tenu une réunion d'urgence pour suivre la situation et coordonner les interventions sur le terrain.
Six nationalités et priorité au rapatriement
Les données officielles révèlent que les orpailleurs recensés sont originaires de six pays : le Burkina Faso, le Mali, le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Togo et le Bénin. Bien qu'aucun décompte précis par nationalité n'ait été publié, les ressortissants du Burkina Faso représentent l'écrasante majorité. Dans ce contexte, Bamako a salué le niveau de solidarité active entre les deux pays membres de l'« Alliance des États du Sahel », des bus et des camions ayant été mobilisés pour rapatrier 15 000 personnes. Un premier convoi composé de 47 bus est déjà arrivé au Burkina Faso, tandis qu'un convoi de 50 camions s'apprête à prendre le départ.
Camps d'hébergement et défis sanitaires complexes
Les autorités maliennes tentent de circonscrire les nouveaux arrivants au poste frontalier de Kourémalé afin d'éviter leur concentration dans la capitale, Bamako. Toutefois, des milliers d'entre eux ont déjà réussi à atteindre la périphérie de la capitale, où ils sont hébergés sur les sites de Mamaribougou et de Ouezzindougou. Le Premier ministre de transition, le général Abdoulaye Maïga, s'est rendu sur place accompagné d'une délégation ministérielle, qualifiant la situation de « véritable catastrophe humanitaire ».
De son côté, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Daoud Aly Mohammedine, a fixé les priorités du plan sécuritaire à l'interception, l'identification et le regroupement des arrivants sur des sites déterminés. Sur le plan sanitaire, le ministère de la Santé a activé un plan d'urgence pour soigner les blessés et les malades, alors que quatre décès ont été officiellement recensés, d'autres sources estimant le bilan plus lourd. Ces efforts sont accompagnés par la distribution de tentes et de repas chauds en collaboration avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a acheminé une importante cargaison de médicaments, ainsi que la Croix-Rouge malienne, appuyée par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), afin d'apporter une prise en charge globale aux personnes touchées.
Source: RFI





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