6 novembre 2026
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La fuite de messages secrets de Macron dans un livre suscite une vive controverse politique en France

La publication d'échanges privés entre Emmanuel Macron et la journaliste Françoise Degois dans un nouvel ouvrage suscite une vive polémique au sein de la classe politique française.

La fuite de messages secrets de Macron dans un livre suscite une vive controverse politique en France
⚡ En bref
  • Un nouveau livre publie des messages privés et spontanés entre Emmanuel Macron et une journaliste française, sans l'accord préalable de l'Élysée.
  • Les messages divulgués révèlent les coulisses de la dissolution de l'Assemblée nationale et les inquiétudes de Macron face à la montée du Rassemblement national.
  • Macron adresse des critiques à son ancien Premier ministre Gabriel Attal et justifie son refus de nommer un chef de gouvernement issu de la gauche.

Le président français Emmanuel Macron n'a appris que trois jours avant la parution d'un nouveau livre que des correspondances et conversations privées échangées via une application de messagerie cryptée avec la journaliste Françoise Degois allaient être rendues publiques. Ces confidences viennent contredire les principes stricts que le chef de l'État s'était lui-même fixés par le passé dans ses relations avec les médias.

Sous le titre « Vous êtes tous trop durs avec moi », publié aux éditions Robert Laffont, l'éditorialiste classée à gauche et ancienne conseillère de Ségolène Royal a choisi d'inclure des extraits d'échanges étalés sur deux ans avec Emmanuel Macron, reconnaissant ne pas avoir sollicité son autorisation avant de les divulguer. Des sources proches de la présidence française ont confirmé avoir été surprises par l'existence de l'ouvrage avant sa date de parution prévue le jeudi 5 novembre.

Positions tranchées sur l'extrême droite et la dissolution de l'Assemblée

Dans ces correspondances, Emmanuel Macron aborde, sur un ton familier et direct, les répercussions de sa décision de dissoudre l'Assemblée nationale en juin 2024 ainsi que l'ascension continue du parti d'extrême droite, le Rassemblement national. Macron a affirmé par écrit que la décision de dissoudre, en dépit de son coût politique, avait freiné la progression du parti de Marine Le Pen, estimant que cette formation était préparée pour un affrontement à l'automne et non en juin.

Dans un autre message daté de juin 2026, Macron déclarait : « La machine veut du sang… elle veut le RN », avant d'ajouter sur un ton de défi : « Est-ce que j'ai peur ? Non, en avant ! On va tous les avoir ! ». Le président français poursuivait en mettant en garde contre les manœuvres des figures de la droite traditionnelle : « En réalité, chaque mouvement fait le jeu du RN, et si vous regardez les hommes de droite, la plupart courent vers le RN. J'insiste donc : il faut faire baisser la température et ne pas jouer avec les allumettes ».

Justification du refus de la gauche et critiques contre Gabriel Attal

Macron a également justifié son refus catégorique de nommer un Premier ministre issu du bloc de gauche après les élections législatives, soulignant que la gauche n'avait pas gagné mais que c'était le Rassemblement national qui avait progressé, et affirmant que tout gouvernement de gauche chuterait rapidement en l'absence de compromis. Les critiques de Macron ont également visé son ancien Premier ministre Gabriel Attal, qu'il a écarté de son premier cercle, écrivant laconiquement à son sujet : « On lui a trop donné, tout le temps, bien trop ».

En réponse, la présidence française a cherché à minimiser la portée de ces fuites, affirmant que le contenu des messages concordait sur le fond avec les déclarations publiques de Macron. De son côté, Gabriel Attal a déclaré sur l'antenne de BFMTV que ces détails « n'intéressent pas les Français », ajoutant que chacun est libre de faire des commentaires à qui bon lui semble.

Contradiction avec les engagements et réactions politiques

Cette affaire rappelle les promesses faites par Emmanuel Macron durant sa campagne électorale de 2016, lorsqu'il dénonçait ce qu'il qualifiait de « connivence » entre responsables politiques et journalistes, critiquant à l'époque l'expérience de son prédécesseur François Hollande, dont les confidences à des journalistes avaient déclenché une crise politique pour son gouvernement avant la fin de son mandat.

Les fuites ont suscité diverses réactions au sein de la classe politique française ; le député Aurélien Taché (La France insoumise) a estimé que Macron savait parfaitement ce qu'il faisait à travers ces échanges. Pour sa part, Sabrina Agresti-Roubache, ministre déléguée chargée de l'Éducation et proche du président, a qualifié la démarche de la journaliste de « très étrange » et assimilable à une trahison, tout en soulignant que les conversations en « off » restent rarement confidentielles dans le milieu journalistique.

Source: RFI

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