Bruno Retailleau met en garde contre un duel Mélenchon-Le Pen et appelle à une primaire de la droite et du centre
Lors d'un entretien accordé à Saint-Raphaël, le président des Républicains, Bruno Retailleau, a tiré la sonnette d'alarme sur l'état des finances publiques et appelé à une primaire de la droite et du centre pour éviter un second tour entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.
- Retailleau reconnaît une erreur d'appréciation quant à la dynamique électorale de Mélenchon et plaide pour une primaire et trois débats afin d'éviter l'affrontement des extrêmes.
- Alerte sur le dérapage des finances publiques avec une charge de la dette appelée à dépasser 95 milliards d'euros l'an prochain ; refus d'une hausse du Smic et proposition de 30 minutes de travail supplémentaires par jour.
- Affirmation de divergences profondes avec le Rassemblement national sur l'assistanat, et défense de sa participation au gouvernement Barnier pour faire barrage à la gauche.
Dans un entretien accordé à Saint-Raphaël, dans le Var, le président des Républicains, sénateur et candidat à l'élection présidentielle, Bruno Retailleau, s'est déclaré prêt à participer à une élection primaire rassemblant les forces de la droite et du centre, dans le but d'éviter l'éparpillement des voix et de faire face à la vive polarisation politique en France.
Crise de la dette et pouvoir d'achat : « La France est en état de faillite »
Commentant les mouvements sociaux et l'érosion du pouvoir d'achat des Français, l'ancien ministre de l'Intérieur a dressé un tableau sombre de la situation économique du pays, affirmant qu'il ne vendrait pas d'illusions aux syndicats ni à la rue. « Il n'y a plus d'argent dans les caisses, la dette publique a atteint 3 600 milliards d'euros. En 2018, les seuls intérêts de la dette nous coûtaient 40 milliards d'euros, alors qu'ils dépasseront 95 milliards d'euros l'année prochaine. La France est en état de faillite, et les marges de manœuvre du Premier ministre sont devenues extrêmement réduites », a-t-il déclaré.
Retailleau a rejeté la proposition d'augmenter le salaire minimum (Smic), estimant qu'il s'agit d'une mauvaise voie qui alourdirait le coût du travail en France — déjà le plus élevé d'Europe — et entraînerait une hausse du chômage. Il a avancé en contrepartie une proposition programmatique consistant à travailler 30 minutes supplémentaires par jour, permettant aux salariés de bénéficier d'un revenu net additionnel équivalant à deux mois de salaire par an. Soulignant les difficultés du quotidien, il a rappelé que trois Français sur dix se retrouvent à découvert dès le 17 du mois, tout en insistant sur le fait que l'État ne peut continuer à verser des prestations sans véritable contrepartie financière.
La course à l'Élysée et le spectre du duel Mélenchon-Le Pen
Sur le plan politique, le président des Républicains a reconnu avoir commis une « erreur d'appréciation » en pensant longtemps que la stratégie de conflictualisation menée par Jean-Luc Mélenchon l'empêcherait d'élargir son socle électoral. « Je ne prends pas à la légère l'hypothèse d'une présence de Mélenchon et de Marine Le Pen au second tour ; le fait que le leader de La France insoumise atteigne la barre des 20 % dans les sondages m'a poussé à soutenir l'option d'une primaire », a-t-il expliqué.
Retailleau estime qu'une telle primaire ne peut se tenir sans la participation de l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, qui la refuse jusqu'à présent. Il a suggéré, en alternative, l'organisation de trois grands débats portant sur : le travail et le pouvoir d'achat ; la sécurité, la justice et l'immigration ; ainsi que les questions de société comme l'école, l'écologie et la santé. Il a toutefois affirmé qu'en l'absence de mécanisme de départage, il maintiendrait sa candidature jusqu'au bout, fort de son projet axé sur la réduction du nombre de fonctionnaires et une révision constitutionnelle pour restaurer l'autorité et la souveraineté de l'État.
Divergences avec les rivaux et défense de son bilan
Revenant sur sa participation au gouvernement de Michel Barnier, Bruno Retailleau a refusé d'y voir un fardeau électoral, soutenant que l'absence de la droite aurait ouvert la voie à un gouvernement de gauche mené par la coalition du Nouveau Front populaire avec Lucie Castets à sa tête. Il a souligné avoir agi, place Beauvau, en homme d'État et s'être opposé aux orientations du président Emmanuel Macron sur des dossiers majeurs tels que l'immigration, l'Algérie ou la Corse.
Retailleau a également fustigé les dirigeants du Rassemblement national, accusant Jordan Bardella et Marine Le Pen de démagogie et de revirements constants, tout en réaffirmant son hostilité à la logique d'assistanat. Il a ainsi rappelé le vote de Marine Le Pen contre l'obligation imposée aux bénéficiaires du RSA d'effectuer 15 heures d'activité hebdomadaire comme condition d'insertion économique. Concernant les alliances locales dans les Alpes-Maritimes avec la formation d'Éric Ciotti alliée à Marine Le Pen, Retailleau a réitéré son opposition catégorique à tout accord partisan, à l'échelle nationale comme municipale, qualifiant la situation de ce département d'exception locale particulière pour laquelle il fait confiance aux cadres de terrain de son parti.
Source: France 3





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