6 novembre 2026
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Manifestations massives en France pour exiger des hausses de salaires et la baisse du coût de la vie, le gouvernement convoque une conférence sociale

Près de 1,6 million de personnes ont défilé à travers la France pour réclamer une hausse des salaires et dénoncer la cherté de la vie, incitant l'exécutif à annoncer la tenue d'une conférence sociale à Matignon.

Manifestations massives en France pour exiger des hausses de salaires et la baisse du coût de la vie, le gouvernement convoque une conférence sociale
⚡ En bref
  • Près de 1,6 million de manifestants selon les organisateurs (575 000 d'après les autorités) sont descendus dans les rues de France lors d'une journée de mobilisation nationale.
  • Montée de la colère populaire face à la flambée des prix des carburants et du coût de la vie quotidienne qui pèse sur les ménages.
  • Le Premier ministre Sébastien Lecornu invite les syndicats et le patronat à une réunion urgente à Matignon pour aborder les salaires et la revalorisation du SMIC.

Environ 1,6 million de personnes ont défilé en masse dans les différentes villes françaises le jeudi 5 novembre, selon les estimations des syndicats et des organisateurs (contre 575 000 selon les autorités de sécurité). Cette journée nationale de protestation, appelée par les syndicats depuis le début du mois d'octobre, constitue un nouvel épisode d'un automne social sous tension, après des semaines de mobilisation étudiante et trois samedis consacrés à la dénonciation de la vie chère et de la hausse du coût de la vie.

La flambée des carburants et la baisse du pouvoir d'achat minent le quotidien

Les cortèges ont brandi des mots d'ordre unifiés à travers quelque 200 points de rassemblement dans toute la France, axés essentiellement sur la « préservation des services publics », la « hausse des salaires » et « l'amélioration du pouvoir d'achat ». À Douai, dans le département du Nord, entre 1 000 et 1 200 personnes ont participé selon Karine Classe, responsable à la CGT, marquant une nette hausse par rapport aux manifestations du 17 octobre. Un mélange de travailleurs intérimaires, d'étudiants, d'agents publics, de salariés du privé et de retraités s'est rassemblé dans les rues, exprimant leur mécontentement face aux prix des carburants qui ont atteint 2,349 euros le litre de sans-plomb.

À Limoges, près de 17 000 personnes ont défilé selon l'antenne locale de la CGT. Une infirmière a témoigné de son impuissance face aux frais de déplacement, précisant qu'elle dépense 200 euros par semaine pour faire le plein afin de conduire son fils à des rendez-vous médicaux, confiant : « La situation n'est plus tenable ». Le cortège de Limoges a évité de passer devant l'hôtel de ville, dont la tour et une partie du toit avaient été incendiées lors des mobilisations du 17 octobre dernier.

Divergences de positions et coût financier lourd pour les grévistes

Les défilés ont également gagné des villes telles que Nantes, Lyon et Paris dans un climat généralement calme, malgré quelques tensions signalées ; la préfecture de police de Paris a fait état de dégradations commises par des individus masqués, tandis que le lycée Françoise à Tournefeuille, près de Toulouse, a été évacué après le déclenchement d'un incendie dans le bâtiment administratif de l'établissement. Les autorités avaient préalablement mobilisé quelque 70 000 policiers et gendarmes sur l'ensemble du territoire national, sous la direction de Laurent Nuñez.

Au cœur de ces mobilisations, la question de l'avenir du mouvement se pose ; alors que certains, à l'instar des sapeurs-pompiers en grève depuis trois mois et demi, insistent sur le durcissement de l'action, ou que les lycéens poursuivent les blocages, d'autres peinent à continuer en raison des retenues sur salaire liées aux journées de grève. Un cheminot affilié à SUD-Rail à la gare Saint-Lazare à Paris a expliqué qu'il ne lui restait que 15 ou 20 euros en fin de mois, tandis qu'une enseignante à Douai a indiqué qu'une journée de grève lui coûtait 80 euros, après avoir déjà perdu 700 euros lors des grèves contre la réforme des retraites en 2023.

Le gouvernement réagit en convoquant une conférence sociale

Face à la pression de la rue, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé en fin d'après-midi la tenue d'une « conférence sociale » lundi à Matignon, réunissant organisations syndicales et représentations patronales. Cette réunion vise à apporter des réponses et des solutions concrètes aux questions salariales et à l'érosion du pouvoir d'achat, alors que les centrales syndicales réclament une revalorisation significative du SMIC.

Source: France Info

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